RDC : les propositions des Ongs pour relancer la SOKIMO

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La Société Minière de Kilo-Moto est malade, mieux à l’agonie. Il lui faut une thérapie de choc pour sortir du gouffre, explique un élu et natif du Haut-Uele.

Depuis que l’affaire de la vente de titres miniers de la SOKIMO fait grand bruit, plusieurs organisations ont fait des suggestions pertinentes pour sauver cette entreprise de sa faillite actuelle.

La proposition du Ministre de Portefeuille faite au 36 ème conseil des Ministres cédant les actifs miniers de la Société minière de Kilomoto (Sokimo), une société de l’Etat à AJN Ressources est vivement contestée.

Selon zoom Eco, «Tous pour la RD Congo», une coalition d’ONG de la Société civile réitère son opposition farouche. Dans un communiqué publié le mercredi 24 juin, «Tous pour la RD Congo» voit à travers cet acte, une violation du code minier révisé de 2018 (articles 40-42), plus particulièrement celles relatives à l’appel d’offre. Elle y voit également une ignorance des recommandations des élus de la province de l’Ituri et les dénonciations de la société civile.

«Nous portons à l’attention des dirigeants, celle de l’opinion nationale et internationale, le danger que présente une quelconque cession à un Trader, un commissionnaire des riches actifs miniers de la Sokimo dont les réserves sont étudiées et connues, particulièrement ceux de Nzani, Kodo, Kibali Sud ainsi que Nizi à AJN Resources contrairement à la promesse du Président de la République. Il est connu de tous que ce fameux véhicule financier vanté, choisi de gré à gré comme pour l’entreprise Samibo en violation volontaire du Code minier révisé de 2018, ne dispose pas de capacité financière et technique avérées pour développer un projet minier. Son dirigeant, Klaus Peter Eckhof est un Trader (spéculateur) et non un investisseur, un minier malgré ses réseaux nationaux et internationaux connus de la Société Civile et des médias», précise le communiqué.

A haute voix, l’ASADHO a dénoncé également la cession dans les conditions opaques des trois titres miniers par la SOKIMO appelant le Procureur général près la Cour de cassation à se saisir du sulfureux dossier.

Dans leur plan, AJN compte lever un financement provisoire à concurrence de 2 millions $CDN en vendant une partie de ses actions au prix de 0,40 $CDN par action pour servir de fonds de roulement et ensuite émettre des obligations convertibles en actions à concurrence de 1.200.000 $CDN.


Il convient de rappeler que selon l’article 182 du Code Minier, «Lorsqu’une entreprise du portefeuille de l’Etat fait apport d’un gisement minier, soit à une société existante, soit en vue de la constitution d’une nouvelle société, la participation de ladite entreprise au capital de la société existante ou à constituer est fixée en fonction de la valeur réelle du gisement minier faisant l’objet de l’apport».


Certes, la transaction considérée ne consiste pas en un transfert direct des gisements miniers relatifs aux trois projets ciblés, mais en une cession des droits de participation de la SOKIMO dans les projets miniers ciblés, aucun document, toutefois, n’a été soumis à l’actionnaire Etat pour lui permettre la manière dont la hauteur des actions attribuées à la SOKIMO a été déterminée.

Selon le communiqué de presse d’AJN du 6 février 2020, après la clôture de la transaction, le conseil d’administration d’AJN sera composé de 5 membres, dont 2 administrateurs proposés par la SOKIMO et les 3 administrateurs actuels d’AJN, à savoir Klaus Eckhof, Sheena Eckhof et Mark Gasson.


Ainsi donc, bien que devant détenir 60% d’actions dans AJN la SOKIMO ne serait représentée au Conseil d’Administration d’AJN que par 2 administrateurs.

Face à cette situation, des organisations oeuvrant dans le secteur des mines ont proposé un plan capable de permettre à la SOKIMO de quitter son marasme actuel.

1. De la proposition du recours au marché des capitaux pour lister les actifs de ZANI KODO

La proposition a été soutenue devant les députés. Selon les informations en sa possession, les députés n’ont jamais approuvé cette démarche. Leur déclaration ne souffre d’aucune ambiguïté et ont même fait part, selon eux, au Chef de l’Etat de leur inquiétude quant à ce, ont expliqué les responsables des organisations du secteur minier.

Ensuite, elles rappellent que l’acteur AJN Resources ici présenté est bien connu des natifs de l’ancienne province orientale. Une vérification simple de son propre site internet vous renseigne que cet acteur n’a jamais construit une mine, pas plus que disposer des capacités financières et techniques pour jouir de la confiance qu’on veut lui donner.

Elles affirment que le montage financier devra être éprouvé de façon rigoureuse.


« Tant il nous revient que plusieurs partenaires dans ce montage sont des personnalités sulfureuses qui ont fait recours à des faire-valoir. Autoriser pareille démarche serait approuvé une pratique peu orthodoxe aux antipodes de la bonne gouvernance », enchaînent-t-elles.

2. De la Situation des permis litigieux

Selon ces organisations, s’il est établi que leurs titulaires n’ont pas tenu promesse, l’idéal est d’envisager la déchéance. Le constat est que la plupart de ces sociétés sont incapables de payer les droits superficiares. Un operateur minier incapable de couvrir pareille dépense n’en est pas un. Les prescriptions du code minier en ses articles 286 et 287 sont claires.

3. Propositions concrètes

Les organisations oeuvrant dans le secteur minier estiment que pour les actifs de ZANI KODO, le gisement est connu suite à des recherches antérieures, l’exigence légale requise est l’appel d’offre  en vertu de l’article 33 du code minier. Avec un avantage certain qui permet à l’Etat de sélectionner un acteur qualifié en termes de capacités techniques et financières avérées.

Pour les actifs en défaillance, les Ongs proposent l’application du code minier du fait du non-paiement des droits superficiares en plus d’autres manquements et de la déchéance en application des articles 286 et 287 du code minier.


« Pour un recours au listing en bourse, nous proposons la constitution d’une commission restreinte d’experts pour une analyse approfondie », ont-t-elles rappelé.

Il faut rappeler que les partenariats de la SOKIMO (Kibali Gold, Mongwalu Gold Mines, Moku Beverendi, Wanga Mining, Giro Goldfields, Kodo Resources, Djugu-Watsa Mining) n’ont pas donné lieu à des dividendes.

D’après les communautés locales, à l’exception de Kibali, de tous ces partenariats, aucun n’a donné lieu à une mine encore moins une recherche avérée. Le contrat Kibali ne prévoit pas le paiement des dividendes à l’épuration de la dette ou du prêt des actionnaires. « ce qui nous parait logique ».


Le projet de MOKU a connu un début de recherche mais a été interrompu suite aux sanctions a la société Fleurette détentrice du permis. Les recherches ont été fiancées et conduites par Randgold/Barrick. Il pense qu’une analyse approfondie est nécessaire.

Sokimo risque de tout perdre

Il faut rappeler que le propre d’une société cotée en bourse est que ses actions s’échangent tous les jours de façon anonyme, sans que l’acheteur et le vendeur ne se connaissent nécessairement, ni ne se rencontrent physiquement, via une plateforme d’échanges informatisés. De toute évidence, chaque fois qu’il y aura émission d’actions nouvelles dans AJN pour lever des fonds, la participation de SOKIMO sera progressivement diluée.

Une fois les actifs miniers transférés à AJN, les flux de revenus de la SOKIMO deviendraient incertains. Les fonds levés en bourse ou les dividendes éventuels n’appartiendront pas à la SOKIMO mais à AJN. La SOKIMO ne pourra espérer rentabiliser ses participations ou actifs transférés à AJN et rémunérer son actionnaire, l’Etat congolais, que par la revente de ses actions avec un gain éventuel et donc, en définitive et paradoxalement, par sa sortie progressive des trois projets ciblés.

La transaction considérée comporte ainsi d’énormes risques de perte de ses actifs par la SOKIMO qui ne sera pas elle-même cotée en bourse. Enfin, dans le contexte politique et judicaire actuel, les questions d’opportunité, d’adéquation de la contrepartie reçue et de transparence risquent de se poser.

Landry Amisi

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