Traçabilité des minerais en RDC : Un grand challenge

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La loi Dodd-Franck oblige les consommateurs finaux à n’acheter que les minerais n’ayant aucun lien avec le sang. C’est dans cette optique qu’il y a des initiatives de traçabilité à l’instar du processus de Kimberley contre le diamant de sang.

La traçabilité implique les informations précises sur tout minerai en provenance de la RDC. La chaîne doit être établie du puits jusqu’à la destination finale. Ainsi, l’Association des Consommateurs de l’Etain a mis en place l’ITRI, une structure qui travaille avec l’Etat congolais dans l’étiquetage et la traçabilité des minerais. Plusieurs sites miniers ont été qualifiés et certifiés.

Les sites verts sont ouverts à l’exploitation minière artisanale, les sites jaunes connaissent des problèmes divers tandis que ceux qualifiés de rouges sont confrontés à l’insécurité à cause de l’activisme des groupes armés.

Malgré ces initiatives, l’absence de l’autorité de l’Etat et de la bonne gouvernance pose de sérieux problèmes. Les hommes armés continuent à se battre dans les zones minières à l’instar de ce qui se passe à Rutshuru, Masisi, Beni, Butembo, Lubero, Walungu, Pangi, Kabambaré Kailo, Nyuzu, Manono, Moba, Ituri, etc.

Le rôle des pays voisins

La porosité des frontières de la RDC facilite la tâche aux trafiquants et aux marchands d’armes. Elle favorise la fraude et la contrebande. Bref, les richesses de la RDC attisent les convoitises des pays étrangers. Ses faiblesses la rendent plus vulnérable.

L’installation d’une raffinerie d’or en Ouganda et d’une raffinerie de coltan au Rwanda, est un exemple assez éloquent. La production aurifère de l’Ouganda est très marginale et on ne peut pas y construire une raffinerie. Mais lorsqu’on avait posé la question au patron d’AGOR, sa réponse était sans équivoque :

«L’essentiel de l’or viendra de la RDC». Certains responsables des pays voisins ont été cités dans le trafic illicite des minerais du Congo. Certes, aucun Etat ne peut empêcher un autre de construire des industries pour son développement. Toutefois, la question est de savoir si de telles initiatives ne menacent pas la sécurité de l’autre.

Le Rwanda produit une faible quantité de coltan dans le secteur de Muko, district de Musanza et à Nyamyumba Busoro. Il est très loin d’avoir le potentiel ou la production de la RDC quoique artisanale.

La construction d’une usine de traitement de coltan par les Britanniques au Rwanda, alimente la polémique au Congo. Pourquoi ? Parce que la quasi-totalité de la production stannifère et aurifère artisanale de la RDC destinée à l’exportation transite par les pays voisins.

On peut aussi dire que la fiscalité appliquée au Rwanda est plus attractive qu’au Congo. Une tonne de coltan à l’exportation est taxée à 180 $ US en RDC contre 80 $ au Rwanda. Les tracasseries administratives sont chroniques en RDC. Le Rwanda affiche le visage d’un Etat plus ou moins organisé contrairement à la RDC.

Une telle situation favorise la fraude en RDC. Les acheteurs préfèrent aller payer au Rwanda. Plusieurs groupes armés ont des arrières base dans les pays voisins. Le CNDP et le M23 ont attaqué les entrepôts de stockage pour voler des minerais à Sake, à Bunagana ou ailleurs. Le butin de guerre a été expédié au Rwanda. C’était tellement flagrant que le pays des Mille Collines a dû restituer plusieurs tonnes de coltan à la RDC en 2015. Juste un rappel.

Le rôle des multinationales

Les multinationales ferment les yeux sur les atrocités au Congo. Elles ignorent sciemment les massacres et les violations des droits de l’homme. Ce sont elles les vrais bénéficiaires de l’exploitation artisanale criminelle. Les armes qui tuent ne sont pas fabriquées au Congo, au Rwanda ou au Burundi même si
l’Ouganda tente de fabriquer quelques armes légères. Les trafiquants viennent d’ailleurs et utilisent les pays voisins comme points de transit.

L’industrie électronique prospère avec les minerais en provenance de la RDC, alors que le pays compte régulièrement des morts dus au commerce illicite des minerais.

Les multinationales ont d’énormes opportunités d’affaires en investissant dans la filière stannifère à l’instar de la compagnie canadienne Alphamin qui essaye, tâtonne et patauge au Nord-Kivu, à Walikale.

L’influence de la Chine

La Chine est à la fois un trouble-fête et un partenaire de la RDC. La coopération entre l’Asie et l’Afrique est une nouvelle donne. Comme avec l’Occident, on doit faire avec. Mais à quel prix et à quelle condition? Les Chinois sont actifs dans l’exploitation artisanale et à petite échelle, réservée d’ailleurs aux nationaux. On les trouve au nord-est et dans l’ex-Katanga où ils exploitent l’or,
les 3T, le cuivre et le cobalt. Sur ce point, ils n’investissent pas, ne créent pas d’emplois et ne contribuent pas à l’économie nationale.

La recherche des débouchés par les Chinois et autres Asiatiques, est une réalité mondiale. Lorsqu’on observe leur présence à la SICOMINES – dans le cadre des mines contre infrastructures qui a d’ailleurs accouché d’une souris – , dans le rachat de Freeport Mac Moren, leur entrée dans Ivanhoé, dans Minerals and Metals Group et dans d’autres compagnies minières, la majorité d’entre eux
sont dans le commerce en RDC. Elle est totalement absente dans les investissements lourds et dans les vrais projets miniers.

La présence des Indiens, des Libanais, des Pakistanais, des Coréens, des Singapouriens, des Népalais dans les mines en RDC, est illisible, invisible, aléatoire et opportuniste. Ils ne sont que de simples acheteurs de la production artisanale. Pourquoi parler de la préférence des Africains pour les Chinois, alors que tout le monde a sa place ? Peut-être que la nationalité d’un opérateur influe sur l’investissement.

La RDC a grandement besoin de vrais investisseurs pour sa prospérité. Il y a suffisamment d’espaces pour tous les opérateurs économiques. Il faut toutefois noter que les pays émergents dont la Chine en tête, sont de grands consommateurs des matières premières. De ce fait, ils sont des acheteurs des minerais du Congo. Il n’y a donc plus lieu de les contourner.

Il faut plutôt utiliser l’intelligence dans un rendez-vous du donner et du recevoir. Le contraire sera toujours préjudiciable voire suicidaire pour la RDC.

Gaby Kuba Bekanga

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