Insécurité dans l'Est : ''Il faut des nouvelles stratégies et non s'agripper sur des idées qui ont échoué'' (Jean-Claude Katende)

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email
Partager sur print
Imprimer
psx 20210225 155359

Quatre jours après la mort du diplomate italien près de Goma au Nord-Kivu, le coordonnateur de l’Association africaine de défense des droits de l’homme ( ASADHO), Jean-Claude Katende estime que la résolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC réside dans « la mise en œuvre des nouvelles stratégies pour définitivement faire cesser la guerre dans cette partie du pays ». 

Dans une interview exclusive accordée jeudi à Ouraganfm.cd, le défenseur des droits de l’homme a d’emblée indiqué que tous les raisonnements qui ont, jusqu’à ce jour, constitué la stratégie de défense pour l’instauration de la paix dans l’Est, ont non seulement échoué mais qu’il faudrait surtout s’en débarrasser. 

Après la mort de l’ambassadeur italien Luca Attanasio, Jean-Claude Katende mentionne que c’est une valeur ajoutée sur l’insécurité de tous les jours qui se vit dans l’Est du pays. 

Il rappelle que le décès tragique de Luca Attanasio est une interpellation pour que le pouvoir public mette fin au carnage de la population congolaise. 

 »Ceux qui doivent prendre des décisions pour conjurer cette situation, qu’ils les fassent le plus rapidement possible », a-t-il déclaré. 

M.Katende s’indigne malheureusement de constater qu’à chaque fois que les Congolais se mobilisent pour dénoncer la situation sécuritaire dans l’Est, les autorités congolaises les répriment. 

Réalité qu’il estime moins compréhensive de la part de dirigeants congolais puisque ces répressions, selon lui, risqueraient de donner une mauvaise connotation aux yeux de certains partenaires de la RDC, qui n’attendent de Congolais ne fût-ce qu’une expression de ras-le-bol. 

« Nous ne comprenons pas pourquoi dans toutes les provinces de la RDC, qu’à chaque fois que les Congolais se lèvent pour dénoncer ce qui se passe dans l’Est, on ne leur permet pas de le faire. C’est ce qui nous préoccupe. Nous nous demandons finalement si les autorités congolaises roulent pour les Congolais ou pour ceux-là qui assassinent et tuent dans l’Est de notre pays », s’est plaint M.Katende 

Pour remédier à cette situation, le président de l’ASADHO appelle le gouvernement congolais à discuter clairement avec les autorités rwandaises et ougandaises sur le sujet et surtout de mettre en place un mécanisme de suivi pour la prise en charge de certains combattants qui quittent les groupes armés pour se livrer à la MONUSCO ou aux FARDC. 

« ….par manque de suivi, à chaque fois que certains membres de groupes armés sont désarmés ou acceptent de quitter la brousse pour venir se livrer à la MONUSCO ou aux FARDC, ils restent cantonnés quelque part sans nourriture, sans soins de santé sans aucune perspective et finalement ils décident de regagner la brousse », a-t-il relevé.

A quand l’acceptation d’un génocide ? 

Jean-Claude Katende dénonce par ailleurs le silence des autorités congolaises qui visiblement, selon lui, ne veulent pas admettre la situation de l’Est comme un génocide. 

Il a déploré le fait que le gouvernement congolais semble ne pas prêt à aborder cette question de manière ouverte de peur d’être contrarié par le peuple rwandais.

« Je crois que le gouvernement congolais doit être mis en cause. Parce qu’il n’y a que les citoyens, les ONG et les politiciens qui en parlent. Mais vous n’entendez jamais le gouvernement et les autorités congolaises dire qu’il y a eu génocide en RDC au niveau du conseil des droits de l’homme ou de l’ONU ou plaider pour la reconnaissance de ce génocide…. Ils ne veulent pas parler de cette question de manière claire, peut-être quand on parle du génocide en RDC, directement le Rwanda va être intrigué », a-t-il insisté 

Le coordonnateur de l’ASADHO appelle ainsi la communauté internationale et le gouvernement congolais à diligenter une enquête sérieuse pour déterminer les circonstances qui ont entraîné la mort du diplomate italien Luca Attanasio. L’activiste réclame aussi l’identification
des commanditaires et executants de ce meurtre. 

Richard Makobo Musafiri

Sondage politique

Faut-il changer le mode de scrutin pour l'élection des gouverneurs des provinces ?
Votez

Partager

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur whatsapp
WhatsApp

Sondage politique

La Newsletter d'Ouragan FM

Recevez du lundi au samedi à 12h une sélection toute fraîche à lire ou à écouter.
En cliquant sur « je m’abonne », j’accepte que les données recueillies par Ouragan FM soient destinées à l’envoi par courrier électronique de contenus et d'informations relatifs aux programmes.

La Newsletter d'Ouragan FM

Recevez du lundi au samedi à 12h une sélection toute fraîche à lire ou à écouter.
En cliquant sur « je m’abonne », j’accepte que les données recueillies par Ouragan FM soient destinées à l’envoi par courrier électronique de contenus et d'informations relatifs aux programmes.